Carte › Châteaux & ruines › Augusta
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Megara Hyblæa est une colonie grecque située sur la côte est de la Sicile, à 22 km au nord de Syracuse, près de l’actuelle ville d’Augusta. C’est une des plus anciennes colonies grecques de Sicile, fondée dans la seconde moitié du VIIIe siècle av. J.-C. Elle connaît deux grandes phases d’occupation, à l’époque archaïque et à l’époque hellénistique.
Selon la tradition, la cité aurait été fondée en 728 av. J.-C. par des colons arrivés de Mégare de Grèce, sous la conduite de l’œciste (chef d’expédition), Lamis. Plusieurs auteurs anciens, dont Thucydide (Guerre du Péloponnèse, VI.4), racontent la difficile arrivée de ces hommes en Sicile : d’abord installés à Trôtilon (aujourd’hui Brucoli), à l’embouchure du fleuve Porcaria, ils partent bientôt vers Leontinoi, prêter main-forte aux colons eubéens venus de Naxos et de Chalcis, qui souhaitent se débarrasser des indigènes avec lesquels ils partageaient jusque-là la cité. Mais une fois leur mission accomplie, les Mégariens se voient eux-mêmes chassés par la ruse, par leurs faux-frères eubéens si l’on en croit Polyen (Stratagèmes, V, 5). Repartis vers le Sud, ils s’installent brièvement sur la péninsule de Thapsos où meurt Lamis, le chef de l’expédition. Ses compagnons seraient alors partis s’installer un peu plus de 20 kilomètres au nord de Syracuse, sur des terres offertes par le roi sicule Hyblon dont la capitale, Hybla, se situait peut-être sous l'actuelle Villasmundo. Les colons grecs fondent ainsi finalement la cité de Mégara Hyblaea — seule colonie dont le nom évoque à la fois l’origine grecque des colons et la terre indigène où ils s’installèrent.
Megara Hyblaea n’a jamais semblé être une cité d’importance notable, concurrencée par des colonies grecques voisines et rivales, Syracuse et Leontinoi, fondées à la même époque. Environ un siècle après sa fondation, des habitants de Megara Hyblaea, cherchant probablement de nouvelles terres, partirent fonder une sous-colonie sur la côte sud-ouest de la Sicile : Sélinonte, qui sera une cité florissante jusqu'à la fin du Ve siècle av. J.-C. et sa destruction par les Carthaginois.
La prospérité de Mégara Hyblaea fut…
Le site de Mégara Hyblaea est doublement remarquable du point de vue archéologique, à la fois par la préservation exceptionnelle de ses vestiges (notamment ceux relatifs à l’époque archaïque et à la première vague de colonisation en Occident), et par l’importance des fouilles et des études dont ils ont fait l’objet depuis la fin du XIXe siècle, dans le centre urbain comme les espaces environnants.
Les premières investigations au XIXe siècle
Identifié dès le milieu du XVIe siècle par Tommaso Fazello, le site de Mégara Hyblaea ne fit l’objet d’investigations officielles qu’à partir de la fin du XIXe siècle, en réponse aux nombreux pillages dont il était régulièrement l’objet. Les premières campagnes de fouilles scientifiques sont dirigées à partir de 1879 par Francesco Cavallari, puis par l’infatigable Paolo Orsi. Elles concernent d’abord la nécropole occidentale et la fortification de la ville archaïque (1879, 1889, 1891-1892) puis le secteur du sanctuaire du Nord-Ouest (1917-1928). La ville proprement dite ne fait alors l’objet que de quelques sondages.
Les fouilles de l’École française de Rome
La reprise de l’exploration du site a lieu en 1949, dans le cadre d’une convention entre la Surintendance de la Sicile Orientale et l’Ecole française de Rome. Les fouilles sont confiées à François Villard, alors jeune membre de l’École, dont l’objectif premier était de vérifier, par des sondages dans l’habitat, la chronologie de la céramique protocorinthienne, qui n’avait jusqu’alors été étudiée que dans les nécropoles. Mais très vite, avec la collaboration de Georges Vallet puis de Paul Auberson et des archéologues italiens de la Surintendance, notamment Luigi Bernabò Brea, l’exploration en vient à couvrir tout le site (une soixantaine d’hectares) et les problématiques se…
Le site, à l'écart des circuits touristiques, peut néanmoins se visiter sur la route entre Catane et Syracuse. Sont encore visibles :
l'agora trapézoïdale avec sur les côtés nord et est les vestiges de deux portiques ;
au sud de l’agora, les fondations de deux temples doriques (époque archaïque, VIe siècle av. J.-C.), sans périptère, avec pronaos et naos. Celui de l’ouest possède une colonnade intérieure axiale. Les nombreux objets votifs qui y furent découverts sont au musée de Syracuse.
les bains grecs
l'hérôon
des vestiges du mur d’enceinte de l’époque archaïque, en blocs carrés, avec des tours semi-circulaires et une porte
les vestiges d’un temple d’époque hellénistique
Le Museo Archeologico Regionale Paolo Orsi à Syracuse présente de nombreux objets trouvés durant les campagnes de fouilles. Parmi les plus remarquables, citons :
une statue archaïque (VIe siècle av. J.-C.) en calcaire représentant une femme assise sur une trône allaitant deux jumeaux (kourotrophos), découverte dans la nécropole Nord du site ;
un kouros funéraire en marbre de Paros, du milieu du VIe siècle, de style dorique, portant sur la cuisse le nom du défunt : « Sombrotidas le médecin, fils de Mandroclès » et provenant de la nécropole Sud.
un fragment de masque de théâtre (du VIe siècle av. J.-C.) provenant du quartier de l'agora.
une sélection des objets découverts dans les nécropoles du site.
Épicharme a vécu à Megara avant de s'installer définitivement à Syracuse. Platon indique dans Les Lois que Théognis fut pendant son exil de la Mégare isthmique citoyen de la Mégare hybléenne.
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