Carte › Personnalités › Siracusa
Qui c’était
400 a.C.–260 a.C. · poeta siceliota · Siracusa
Théocrite, né vers 310 et mort vers 250 av. J.-C., est un poète grec, auteur de mimes, d'idylles pastorales et de contes épiques. Il était considéré comme l'un des sept poètes de la Pléiade poétique. Théocrite a été imité par Virgile ; en France, il a été l'un des maîtres des poètes parnassiens, en particulier de Leconte de Lisle, qui a traduit plusieurs de ses idylles et s'est inspiré de lui dans ses Poèmes antiques.
Les renseignements biographiques que nous avons sur Théocrite sont minces. De son propre aveu (Idylle 28), il est né à Syracuse, en Sicile. Dans l’Idylle 11, il appelle « son voisin » le Cyclope sicilien Polyphème. Il consacre une épigramme à son compatriote Épicharme pour une statue.
Il aurait essayé de faire des études de médecine à Cos, avec comme condisciple Nicias, poète et médecin originaire de Milet, habitant dans l'île, mais son choix se porta finalement sur la littérature, et il y suit l'enseignement du poète Philétas (mort en 283), précepteur de Ptolémée II Philadelphe et poète très respecté par les Anciens. L’œuvre de Théocrite atteste d'une grande connaissance des mythes de cette région.
Il essaye de se mettre sous la protection du tyran Hiéron II de Syracuse, dont il vante les mérites dans l'Idylle 16. L'allusion au soutien à une guerre contre les Carthaginois, permet de dater ce poème de 275 av. J.-C.
N'obtenant pas la protection voulue, il s'attache à la cour de Ptolémée II à Alexandrie, où il fréquente également les cercles poétiques à la mode. Dans l'Idylle 17, il chante les louanges du roi d’Égypte et de sa sœur-épouse, Arsinoé . Là, il connaît peut-être Callimaque et se lie avec le poète Aratos, à qui il dédie sa sixième Idylle. Théocrite écrit idylles et épigrammes, évoquant notamment les campagnes siciliennes et s'inspirant des chants amœbées traditionnels. Ce faisant, il crée un genre nouveau littéraire, la bucolique.
Nous ignorons la date de sa mort.
Théocrite est considéré comme le créateur de la poésie bucolique grecque. Son œuvre nous est parvenue essentiellement par des manuscrits. En sont conservés :
22 épigrammes composées en distiques élégiaques, préservées dans l’Anthologie grecque ;
une sorte de calligramme, la syrinx, où la disposition des vers évoque la flûte de pan (en grec σῦριγξ / syrinx) ;
un ensemble de poèmes qualifiés, depuis la période romaine, d'« idylles » — en grec εἰδύλλια / eidullia (de εἶδος / eidos, « forme »), c'est-à-dire des « petits poèmes », composés pour la plupart en hexamètres dactyliques. Ce titre collectif d’Idylles ne doit pas laisser croire que les poèmes de Théocrite sont tous d'inspiration champêtre ; en réalité, une idylle désigne simplement une courte pièce de vers ; sous ce titre, l'inspiration de Théocrite a été infiniment variée, puisqu'on distingue des bucoliques (idylles pastorales I, et IV à XI), des mimes lyriques (II et III) et dramatiques (XIV et XV), et des contes épiques (XIII, XXII, XXIV, XXV).
Jean-Marie Pelt signale dans une de ses conférences que Théocrite eut l'intuition de la sexualité des plantes, mais que son propos passa inaperçu au milieu de quelques autres inexacts du même auteur.
Les idylles pastorales
Les Idylles pastorales mettent en scène des bergers qui ne sont pas des personnages de convention, mais de véritables pâtres, bouviers ou moissonneurs au langage fruste, peints dans un art vigoureusement réaliste ; ce petit peuple des campagnes chante ses amours, ses troupeaux et le maquis ensoleillé de la Sicile en s'accompagnant de l'humble syrinx, ce modeste pipeau fait de roseaux. Le chant est parfois l'occasion d'un concours entre bergers dans une sorte de dialogue lyrique en vers amœbées entremêlés çà et là de grosses injures : tel est le cas…
Théocrite a été traduit en vers latins par Helius Eobanus Hessus. Ce volume, petit in-8° publié à Bâle en 1531, est l’œuvre d’un philologue habile, mais d’un poète médiocre. Il y a de la fidélité dans la traduction, mais l’expression manque de grâce et de couleur.
Hilaire-Bernard de Longepierre, a traduit les quinze premières idylles. Les vers sont mauvais et aujourd’hui oubliés ; les notes sont bonnes quoiqu'un peu longues : elles ont mérité les éloges des philologues allemands, et si leur rédaction, souvent diffuse, les rend ennuyeuses à lire, elles offrent cependant des éclaircissements utiles.
Michel Paul Guy de Chabanon a tour à tour traduit et imité quelques idylles de Théocrite. La sécheresse et la raideur sont les défauts de son œuvre ; les notes seules ont survécu : elles sont utiles et pleines d’une science rendue avec facilité.
Après cette mauvaise traduction en parut une autre en prose plus mauvaise encore par P. L. C. Gin, ancien jurisconsulte. Le style en est diffus ; la langue française, l’orthographe et la syntaxe même y sont fréquemment violées.
Théocrite trouva enfin un traducteur en la personne de Julien Louis Geoffroy. L’élégance fut son principal but : pour faire lire Théocrite à des Français, il l’arrangea, il supprima les passages qu’il ne put pas rendre aimables, il amplifia la comparaison, il tailla les phrases à la française ; il éluda ainsi les difficultés sérieuses et changea le caractère général, la physionomie du poète. Du reste Geoffroy a pris soin de nous avertir de ces licences, dictées par de bonnes intentions, dans une longue préface écrite tout entière avec le style et la rhétorique de l’ancien professeur d’éloquence au collège Mazarin : « Cependant, la bonne foi me fait un devoir de déclarer que, d’après les principes de Cicéron et…
Articles connexes
Idylles (Théocrite)
Liens externes
[1] Autre traduction sur le site Remacle.
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