Le mont Pellegrino est un sommet calcaire situé à Palerme, la capitale de la Sicile. D'une altitude de 606 mètres, il constitue un promontoire qui s'avance dans la mer Tyrrhénienne et qui ferme l'extrémité nord du golfe de Palerme. Son versant nord-ouest forme la limite sud-est de la baie de Mondello, tandis qu'à ses pieds s'étend le quartier de Montepellegrino. Au XVIIIe siècle, Johann Wolfgang von Goethe l'a qualifié de « plus beau promontoire du monde » dans son essai Voyage en Italie.
L'origine étymologique a fait l'objet de nombreuses recherches, notamment dans les Memorie storiche (1750) du marquis de Villabianca, dans le Lexicon topografico Siculum (1757) de l'historien Vito Maria Amico et dans la Topografica di Palermo (1818) de l'abbé Scinà. Les spécialistes s'accordent à identifier le mont Ercte (Εἱρκτή), décrit par Polybe dans le récit des guerres puniques, avec le mont Pellegrino :
« La dix-huitième année de cette guerre, les Carthaginois ayant fait Amilcar, surnommé Barca, général de leurs armées, ils lui donnèrent le commandement de la flotte. Celui-ci partit aussitôt pour aller ravager l’Italie ; il fit du dégât dans le pays des Locriens et des Bruttiens ; de là, il prit avec toute sa flotte la route de Palerme, et s’empara d’Ercte, place située sur la côte de la mer, entre Éryce et Palerme, et très-commode pour y loger une armée, même pour long-temps ; car c’est une montagne qui, s’élevant de la plaine jusqu’à une assez grande hauteur, est escarpée de tous côtés, et dont le sommet a au moins cent stades de circonférence. »
Εἱρκτή, en grec, signifie « sur le château », un lieu clos ou fortifié, d'où l'on peut éloigner les ennemis (Cluverius). Les Grecs l'appelaient Εἱρκτή en raison de ses parois rocheuses particulièrement abruptes. Pour les Romains, qui arrivèrent plus tard à Palerme, cette montagne était hostile et inaccessible : le nom fut donc converti d'Ercte en Peregrinus, c'est-à-dire « étrangère » (Peregrinus, en latin classique, désignait l'étranger) : en effet le séjour des Carthaginois sur la montagne dura trois ans, sans que les troupes romaines ne parviennent à prendre le dessus.
Topographie
Le mont Pellegrino est une montagne isolée, s'avançant dans le sud de la mer Tyrrhénienne, qui domine le golfe de Palerme au nord et ferme le golfe de Mondello au sud. Sa hauteur lui permet d'être visible de n'importe quel point de la plaine sur laquelle se trouve la ville, ce qui en fait l'un de ses symboles les plus représentés. La majeure partie de son périmètre est bordée de falaises abruptes, qui atteignent leur plus grande hauteur du côté de la mer et sont parsemées de grottes et de fractures, dont certaines ont été utilisées par l'homme comme abris naturels depuis la Préhistoire. Les grottes à développement horizontal prédominant ont généralement des entrées situées entre zéro et cent mètres au-dessus du niveau de la mer et leur origine et leur évolution sont liées à l'action karstique et aux variations relatives du niveau de la mer, tandis que les grottes à développement vertical prédominant s'ouvrent sur le plateau et sont d'origine tectonique, disposées le long de grandes failles ou de fissures dans la masse rocheuse causées par les mouvements de la croûte terrestre. Dans le cadastre spéléologique italien de la province de Palerme, 134 grottes, gouffres et abîmes ont été recensés.
Il présente une structure géomorphologique irrégulière et un relief extrêmement varié, riche en plateaux praticables caractérisés par des phénomènes karstiques, où l'eau ne s'écoule pas en surface mais s'infiltre dans de nombreux ravins pour réapparaître ensuite sous forme de sources.
Les quelques vallées encaissées sont abruptes et étroites, fermées sur les côtés par des murs et des falaises très abruptes. Avant la construction des deux routes praticables en voiture – via Bonanno et via Ercta, construites respectivement en 1924 et 1952 – ouvertes en entaillant les…
La vie humaine sur le mont Pellegrino remonte au Paléolithique supérieur, lorsque les grottes du promontoire furent colonisées par les premières tribus préhistoriques ayant dominé la Conca d'Oro : certaines grottes servaient d'abri, tandis que d'autres, comme le suggèrent les gravures rupestres de la grotte de l'Addaura et les inhumations qu'on y trouve, servaient de lieux de sépulture et de sacrifices chamaniques.
Pendant les siècles de domination phénicienne, la montagne a été utilisée pour le culte de Tanit, la déesse de la fertilité. Les vestiges de l'édicule destiné à ce culte sont situés dans une grotte traversée par une strate aquifère, probablement choisie en raison du caractère sacré attribué par les païens au symbole de l'eau : cette même grotte est également utilisée pour des services religieux par les Byzantins, devenant par la suite le principal lieu de culte lié à la sainte patronne de la ville.
Avec le déclenchement de la première guerre punique, sous l'hégémonie de Carthage, les propriétés physiques du massif furent exploitées au niveau stratégique et militaire par le général Hamilcar Barca qui, en 247 av. J.-C., débarqua sur la côte nord de la Sicile — dans le golfe de Mondello, selon la thèse la plus accréditée, bien que certains chercheurs émettent l'hypothèse que le point d'arrivée coïncide avec l'actuelle Acquasanta — pour conquérir ce que l'historien Polybe mentionne sous le nom d'Ercte, attribué par les Grecs à l'actuel mont Pellegrino et se référant précisément à ses parois rocheuses particulièrement abruptes, qui en faisaient une forteresse naturelle pour le campement carthaginois : la masse calcaire du promontoire, sa difficile accessibilité et la présence de nombreuses cavernes d'où l'on pouvait tendre des embuscades, permirent aux troupes…
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