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L'église de la Martorana, appelée aussi Santa Maria dell'Ammiraglio (Sainte-Marie-de-l'Amiral), située à Palerme sur la place Bellini, est une église en croix grecque qui connut des transformations importantes aux XIIIe et XIVe siècles. Les offices — catholiques — y sont célébrés dans le rite byzantin. Ses parties les plus anciennes sont représentatives d'une architecture byzanto-normande commune en Sicile à cette époque.
Fondation
Comme le montre une inscription gréco-arabe de 1143, une inscription grecque sur la façade Sud extérieure et sa transcription sur des mosaïques pour la consécration de l'édifice, l'église fut fondée en 1143, selon la volonté de Georges d'Antioche (1080-1151).
Grand amiral, grec orthodoxe, syriaque (né en Syrie), il fut au service du roi normand Roger II (1095-1154) comme son principal ministre de 1108 à 1151. La présence en Sicile de cet homme, à la carrière militaire et administrative brillante, est attestée dès 1114
Le sanctuaire fut consacré à la Vierge Marie en 1152 , d'où son nom « Santa Maria dell'Ammiraglio » , et un programme iconographique, notamment les mosaïques, qui lui est principalement dédiée.
Éléments d'architecture primitive
La partie la plus ancienne de Sainte-Marie de l’Amiral possédait un plan en forme de croix grecque inscrite. Elle est ordonnée et décorée comme une église byzantine à quatre colonnes portant une coupole centrale sur trompes, décorée de mosaïques à fond d'or, hormis pour les arcs brisés d'inspiration normande.
À l’est se trouvent trois absides semi-circulaires et saillantes, la principale constituant le sanctuaire. L’entrée d'origine, à l’ouest, était probablement constituée de trois portes. Il ne reste aujourd'hui que le portail central, donnant sur un narthex (très retravaillé au XVIIe siècle) et une cour intérieure comme dans les premières églises chrétiennes. Dans cette partie du bâtiment, se trouvait probablement la tombe du fondateur et de sa femme.
La structure des murs extérieurs, dotés de niches peu profondes, dont les fenêtres sont encadrées par une série d’arcs concentriques, trouve aussi des parallèles dans la tradition islamique
On accède à l'église par un campanile-portique dont le dôme détruit lors du…
Première et deuxième travées
Dans la partie de l'église restaurée au XVIIe siècle, les voûtes sont ornées de fresques d'Olivio Sozzi, d'Antonio Grano et de Guglielmo Borremans datant des XVIIe et XVIIIe siècles. Dans les chapelles latérales, les autels, murs et balustrades sont décorées de stucs, d'émaux et de marqueteries en marbre et pierres semi-précieuses.
À partir des années 1720, des marbres et des fresques donnent à cette partie de l’église un style baroque, sauf sur le mur de revers de l'ancienne façade, où subsistent deux mosaïques représentant une déisis (intercession). Elle montre Roger II couronné par le Christ à gauche du portail et Georges d'Antioche agenouillé devant la Vierge à droite. Seules la tête et les mains de ce dernier sont d'époque.
La représentation de Roger est significative en matière d'iconographie. Dans la tradition chrétienne occidentale, les rois étaient ordinairement couronnés par le pape ou par ses représentants. Ici, la cérémonie du couronnement le montre vêtu à la byzantine d'une longue robe brodée, le loros, d'une étole de légat apostolique, et recevant la couronne ornée de pendentifs, le kamilavkion, insigne impérial à Constantinople, des mains du Christ lui-même.
Roger se comportait en empereur durant son règne et se faisait appeler « Basileus ». La mosaïque du couronnement de Roger possède une inscription dans les deux langues, latin et grec : « Rogerios Rex », le premier mot en grec et le second en latin.
Troisième travée
Après les deux premières travées, on arrive dans l'église byzanto-normande originelle proprement dite. Le contraste - sans aucune transition - entre les styles baroque sicilien et byzantin apporte beaucoup au charme de l'édifice et à son originalité. Ce contraste est renforcé par la luminosité très…
Les gâteaux à base de massepain, généralement en forme de fruit, doivent leur nom de martorana au fait que c'étaient, jusqu'au XIXe siècle, les sœurs du monastère de la Martorana qui les préparaient et les vendaient. On les appelle frutta di Martorana.
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