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Le Figuier de Barbarie est une espèce de plante de la famille des Cactaceae, originaire du Mexique, qui s'est naturalisée dans d'autres continents, notamment le bassin méditerranéen, aux îles Canaries et en Afrique du Sud. Il s'agit d'une des deux espèces produisant le fruit comestible appelé figue de Barbarie.
Le nom figuier de Barbarie date du XXe siècle, du temps de la colonisation française en Algérie. Il trouve son origine dans le nom donné au Moyen Âge aux côtes du Maghreb, où le figuier de Barbarie s'est particulièrement bien implanté. Auparavant, on l'appelait figuier d'Inde ou figuier des Indes. Il est aussi connu sous son nom nahuatl de nopal. Au Maghreb, le fruit porte le nom de karmuṣ nṣara, qui signifie « la figue des Chrétiens », ou simplement karmus (karmous), kermus (kermous), akarmus ou akermus. Au Maghreb, il porte aussi le nom de hindi ou kermus lhindi tel que le nommèrent les autochtones pensant que cette plante venait des Indes.
Appareil végétatif
C'est une plante arborescente qui peut atteindre de 3 à 5 mètres de haut. Son organisation en cladodes, couramment appelés « raquettes », est particulière. Les cladodes sont des tiges modifiées de forme aplatie, de 30 à 40 cm de long sur 15 à 25 cm de large et de 1,5 à 3 cm d'épaisseur. Unis les uns aux autres, ils tendent à former des branches. Ceux de la base se lignifient pour former au-delà de la quatrième année de croissance un véritable tronc.
Ces cladodes assurent la fonction chlorophyllienne à la place des feuilles, et sont recouvertes d'une cuticule séreuse (la cutine), qui limite la transpiration et les protège contre les prédateurs.
Les feuilles ont une forme conique et ont seulement quelques millimètres de long. Elles apparaissent sur les cladodes jeunes et sont éphémères.
À la base des feuilles se trouvent les aréoles (environ 150 par cladode) qui sont des bourgeons axillaires modifiés, typiques des Cactacées. Leur méristème, selon les cas, produit des épines et des glochides, ou bien émet des racines adventives, de nouveaux cladodes ou des fleurs. À noter que même l'ovaire et donc le fruit est couvert d'aréoles susceptibles d'émettre à nouveau des fleurs ou des racines.
Les épines proprement dites, blanchâtres, sclérifiées, solidement implantées, sont longues de 1 à 2 cm. Il existe des variétés inermes, sans épines.
Les glochides, fines épines de quelques millimètres, de couleur brunâtre, se décrochent facilement, mais munis de minuscules écailles en forme d'hameçons s'implantent solidement dans la peau et sont très difficiles à retirer. Ils se cassent facilement quand on cherche à les enlever.
Ils sont toujours présents y compris dans les variétés inermes.
L'appareil racinaire est superficiel, se concentrant dans les 30 premiers…
L'espèce est originaire du Mexique, où elle est appelée nopal et figure dans les armoiries du drapeau mexicain. Le figuier de Barbarie était inconnu en Europe avant les voyages de Christophe Colomb. Il fut décrit de façon précise pour la première fois en 1535 par l'Espagnol Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés dans son Histoire des Indes occidentales. Sa morphologie insolite frappa les premiers conquistadors. Outre les fruits, c'est l'élevage de la cochenille qui attira surtout leur attention, mais l'élevage de cette dernière aux îles Canaries ne fut réussi qu'au XIXe siècle. La plante se répandit d'abord dans les jardins botaniques comme curiosité. Naturellement, le figuier de Barbarie se reproduit par multiplication végétative (versus reproduction sexuée).
Le figuier de Barbarie aurait été introduit en 1535 dans la région de Monaco et de Menton par le Père Baptiste de Savone, franciscain à Carnolès et chapelain d'Honoré Ier qui avait suivi le jeune prince faisant ses premières armes sous les yeux de Charles Quint, à l'assaut de Tunis avec ses galères monégasques ; il aurait rapporté de ce pays selon la tradition six feuilles de Ficus indica. La plante se naturalise rapidement mais l'histoire reste muette sur l'accueil fait à cet étrange organisme dont les formes et la silhouette auraient fasciné Jean-Baptiste de Lamarck lors de son séjour à Monaco en 1763.
Le figuier de Barbarie s'est diffusé rapidement dans le bassin méditerranéen et s'y est naturalisé au point de devenir un élément caractéristique du paysage, notamment en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Corse. Sa diffusion est due autant à l'homme (qui embarquait des cladodes comme aliment anti-scorbutique) qu'aux oiseaux qui en mangeant les fruits assurent la dispersion des graines. Il s'est répandu…
Le figuier de Barbarie est cultivé principalement pour la production de fruits. On le cultive aussi pour la production de nopalitos (jeunes cladodes consommés comme légumes au Mexique) ou marginalement pour l'élevage de la cochenille Dactylopius coccus, pour la production d'un colorant rouge, aux îles Canaries.
Il nécessite un climat chaud et une exposition bien ensoleillée. Il préfère un sol filtrant et bien drainé, de pH neutre.
La multiplication peut se faire soit par semis, soit par bouture, en partant de cladodes âgés de un à deux ans.
La taille, à exécuter au printemps ou en fin d'été, sert à empêcher le contact entre les cladodes, ainsi qu'à éliminer ceux qui sont malformés ou endommagés.
Pour améliorer le rendement, il est opportun d'apporter une fertilisation phospho-potassique, de préférence organique.
En culture irriguée, on peut obtenir un rendement de 250 à 300 quintaux de fruits à l'hectare.
Variétés
La gamme des variétés en culture se limite en substance à trois cultivars qui diffèrent par la coloration du fruit : jaune (Sulfarina), blanche (Muscaredda) et rouge (Sanguigna, cultivar le plus épineux aussi utilisé en barrière défensive).
Le cultivar Sulfarina est le plus répandu en Italie pour sa plus grande capacité productive aux méthodes de culture intensive et pour son caractère presque inerme. La tendance en général est d'intégrer la culture des trois cultivars, de manière à fournir au marché un produit caractérisé par sa diversité chromatique.
Sa rusticité peut être qualifiée de moyenne (idéalement Zone USDA 9) ; bien exposé et en sol drainant, il peut être cultivé au nord de la Loire en France. Certains cultivars pourraient supporter des températures allant jusqu'à -10° C mais mieux vaut éviter de trop longues périodes sous les -5° C surtout en…
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